Lundi 18 février 2008

Cinq mois… déjà. Encore trois mois avant la fin, avant le retour qui, bien que tant espéré, signifie la fin de mon travail ici à Madagascar… l’idée de la joie des retrouvailles confrontée à la tristesse de devoir laisser tout ça derrière moi. Mais bon, encore trois mois et en trois mois, il reste tellement à faire… sur tant de fronts différents.

 

Cette semaine aura était celle de la constatation amère du fait que la ferme Z ne tourne pas : plus d’un million d’ariary investis (400€) et quasiment aucuns résultats… Il a fallu faire face ; nous avons perdu du temps, on plutôt, nous ne lui en avons pas assez consacré. Les récoltes et les animaux perdus qui s’enchainent ; ça ne peut plus durer. Laurent et moi avons été très pris par les BIZ ; du coup, pas assez de temps pour former les nouveaux ouvriers, leur expliquer tous les tenants et les aboutissant, les accompagner dans leur travail. Aujourd’hui, on reprend les choses en main ; on apprend à gérer le temps autrement. Et puis il faut aussi dire que la Ferme Z est devenue partie intégrante de notre programme de BIZ car vendredi dernier, nous y avons accueilli notre première formation… A nous d’être un exemple pour les paysans aujourd’hui, de leur montrer que nos paroles et nos promesses donnent des résultats sur le terrain, de leur montrer qu’on peut réussir !

 
Ferme-Z-2008-02-15-15-copie-1.JPG

Donc voila, opération sauvetage qui commence par une opération organisation. Depuis les quatre mois que nous travaillons sur le potager, aucun planning n’a été fait ; les choses se font comme ça, au fil du temps disponible et des envies… Quand je pense qu’on s’entête a dire aux paysans qu’il faut qu’ils planifient leur production ; qu’ils plantent tout au long de l’année pour pouvoir vendre en permanence et s’assurer des entrées d’argent régulières...  Quel exemple ! Mais bon, les bons élèves que nous sommes avons décidé de suivre notre propre conseil ; armés d’un cahier et d’un stylo (armes récurrentes de notre combat, vous le remarquerez) nous avons établi un planning général par semaine pour le potager que nous traduisons sur un planning journalier à l’intention des ouvriers de la Ferme. De l’organisation, mes enfants, mais surtout, un fil directeur : leur permettre de savoir où ils vont, ce qu’on attend d’eux et ce qu’ils ont à faire plutôt que de les laisser seuls, sans les outils techniques nécessaires, face à un potager qui finit par ressembler à un cimetière plus qu’à autre chose ! Pour l’instant, tout ça a l’air assez efficace… mais on jugera de la réussite par les résultats concrets.

 
Ferme-Z-2008-02-08-15.JPG

Deuxième volet ; opération formation ! Et oui, bizarrement, nous avons assumé que les personnes que nous avons engagé liront dans nos pensées ou je ne sais quoi et nous n’avons jamais pris le temps de leur expliquer ne serait ce que les soins indispensables à l’entretien d’un potager. Du coup, Laurent et moi passons du temps à la ferme avec nos ouvriers-modèles (oui, ils le sont vraiment) pour les initier à l’entretien du potager et aux différentes techniques de préparation des terres pour les semis. Enfin, je dis nous mais c’est clairement Laurent qui forme. Moi, je file un p’tit coup de main, arrosage, binage, sarclage… tout ça n’a plus de secrets pour moi ! J Cela dit, je pense vraiment que ce sont des petits riens qui font beaucoup, qui font que les ouvriers se rendent compte que c’est un projet important pour nous aussi, que nous travaillons ensemble, que la barrière entre nous n’est pas aussi grande que ce que l’on pourrait croire. A mes yeux, chaque jour passé à la Ferme est une réussite : quelque chose qui se tisse, un lien qui se crée, la prise de conscience de l’existence d’un destin commun. Petit à petit, on commence à former une véritable équipe, ce qui me semble essentiel à la réussite de notre projet parce qu’au final ; on est tous dans le même bateau !

 

Une nouvelle mission donc mais, que ce soit dit, une mission qui vient compléter la première et non la remplacer. Quoi qu’il arrive, le plus important des défis aujourd’hui, c’est d’arriver à gérer son temps pour pouvoir offrir à chaque projet l’attention qu’il demande… et ça, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire !

Par Lucile
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Comprendre

  • lu-a-madagascar
  • : Huit mois dans un autre pays, une autre culture, une toute autre réalité. Aider comme on peut, avec nos faibles moyen, contribuer au développement d'un village, de beaux projets... N'hésitez pas à me contacter à lucile.duchamp@sciences-po.org si vous avez des questions sur l'asso ou sur autre chose!

Voir

  • 09-11-2007--les-premiers-travaux.JPG
  • 2007-10-26-02.JPG
  • DSCN2837.JPG
  • parce-qu-elle-est-la-depuis-le-debut.JPG
  • 2007-10-24-36.JPG

Faire connaitre

Y penser...

"S’en prendre aux élèves et étudiants car ils portent des sacs de couleur « vert militaire », confisquer ces sacs sur les étalages des marchands, a-t-on jamais vu actes aussi ridicules ?

Ce sont, paraît-il, les ordres et se cachant sous la loi qui exige que nul ne peut plus porter des effets vestimentaires analogues à ceux des forces armées, nos forces de l’ordre, qualifié de « baïonnettes intelligentes » soit dit en passant, s’en prennent à cœur joie pour tout confisquer : effets vestimentaires, tissus, sacs ou autres casquettes." 

extrait de l'Editorial du 26/11 du Madagascar Tribune

... Juste ce dont Madagascar a besoin, non mais des fois, j'vous jure ...

Chercher

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus