Jeudi 6 mars 2008

Six mois, un grand tournant dans mon expérience ici à Madagascar. L’avantage de voir une équipe s’agrandir, c’est que les nouveaux membres nous amènent à prendre du recul et à faire face aux problèmes qu’on a pris, jusqu’ici, soin d’ignorer le plus possible pour avoir la force d’avancer… Ouaip !

 

Voila donc, je fais face et je prends enfin le temps d’écrire ici que l’ami Paul – à savoir le directeur de ZODEV – est un magouilleur de première sans aucun sens éthique. Quoi ? moi, j’exagère et je vais trop loin ? Mouais… peut être un peu mais bon voila, Paul, c’est la source de mes problèmes et de ceux de l’association aujourd’hui… Fourré dans une merde internationale au niveau de son entreprise de revente de produits alimentaires à Madagascar, voila-ti pas que Monsieur Paul a ‘accidentellement’ utilisé l’argent récolté pour la mise en place de mon programme de microcrédit à d’autres fins… plus ou moins claire. Naïve comme je le suis, j’ai commencé à avancer de l’argent en croyant que cet argent me serait remboursé rapidement mais non… les jours passent et les dettes s’accumulent et je ne vois toujours pas la couleur  des 1500€ récoltés auprès de gens qui m’ont fait confiance… Première désillusion… première d’une longue série.

 

Ferme-Z-2008-02-15-22.JPG Nouvel épisode avec le renvoi d’un des ouvriers de la Ferme. J’avais déjà eu l’occasion de remarquer à plusieurs reprises le peu d’estime et de confiance que Paul avait envers les malgaches. Combien de fois a-t-il porté des jugements sur les ouvriers de la Ferme ou les paysans sans même les avoir vu ? Combien de fois m’a-t-il dit qu’il fallait douter des capacités de réussite des paysans ? Combien de fois a-t-il fait porter la faute des échecs de la Ferme Z sur les ouvriers qui, en fait, manquent avant tout de formation ? Trop. Et la semaine dernière, Paul est allé un peu trop loin : licenciement d’un de ses ouvriers, refus de lui payer congés payés et préavis auxquels il avait pourtant droit. Est-ce que notre couleur de peau et la taille de notre porte monnaie nous donne tous les droits ? Je pense que, au contraire, elles devraient nous donner des devoirs à commencer par celui de respecter les malgaches, d’essayer de les comprendre plutôt que de leur imposer les choses, de les accompagner plutôt que de les laisser livrés à eux même face à des travaux qu’ils ne maitrisent pas toujours.

 

Prise de conscience, donc. Argent disparu et divergences d’opinions de plus en plus grandes entre lui et moi, entre lui et nous. Et puis les choses sont apparues comme évidentes, si on veut continuer à aider, si on ne veut pas abandonner ceux qui comptent sur nous, si on veut respecter un minimum de règles éthiques qui nous paraissent indispensables, il nous faut quitter ZODEV et voler de nos propres ailes… Ouais, aussi incroyable que cela puisse paraitre, Simon, Lénaïc et moi, nous sommes en train de créer notre propre structure dans laquelle nous allons tenter, tant bien que mal, d’intégrer le programme de microcrédit pour lequel je travaille depuis maintenant 6 mois et qui me tient tellement à cœur.

A Madagascar, nous avons trouvé une association prête à accueillir nos programmes ; c’est la famille propriétaire du terrain de la Ferme Z qui la gère et qui se chargera de superviser nos programmes et d’accueillir les stagiaires et bénévoles qui feront la vie de l’association. Nous en France, on est en train de créer notre propre association qui se chargera de faire connaitre nos actions à Madagascar, de récolter des fonds et de recruter des stagiaires et bénévoles efficaces. Un magnifique projet, ambitieux, peut être, mais beau !

 

A nous d’avancer, le plus vite possible tout en essayant de garder la tête claire et surtout de construire quelque chose qui réussira sur le long terme… nous y croyons tous dur comme fer, nous savons que nous en sommes capables, que la réussite est au bout et nous allons le prouver !

Par Lucile - Publié dans : ma mission!
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Mercredi 27 février 2008

15 février, la fin d’une aventure solitaire… Après 5 mois à arpenter les terres d’Antsirabe toute seule, me voila accompagnée de deux nouveaux stagiaires du tonnerre ! J Crises de solitude, envie de voir du monde, envie d’être avec des gens que j’apprécie... tout ça, c’est fini parce que, aujourd’hui, je partage mon expérience ici avec mes deux nouveaux colocataires qui après une semaine de sortie à la ferme, au village et dans Antsirabe sont devenus de véritables amis ! Un tournant dans ma vie ici…

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Et oui, l’air de rien, être à plusieurs, ça ouvre certaines portes, ça donne l’occasion de faire certaines choses qu’on ne ferait pas seule. A la ferme, particulièrement, pas mal de choses ont changé, et notamment notre implication auprès des ouvriers. Depuis quelques semaines j’avais commencé à mettre la main à la pâte : abattage de canards, semis de haricots verts, arrosage de nos radis… je participais, quoi ! Mais, les choses ont pris une toute autre proportion avec l’arrivée de Simo canal.JPG n et Lénaïc ; dès le premier jour, nous nous sommes proposés pour creuser un canal sur une partie du chemin dans le potager qui se transformait en gadoue à chaque grosse pluie. Armés d’angades (pour changer du cahier et du stylo) Simon, Lénaïc et moi creusons donc notre première œuvre collective ; une bonne heure plus tard, les mains pleines de boue et d’ampoules, les jambes fatiguées et les pantalons noirs de terre, nous posions tous fiers devant notre canal ! Du concret…

… et du partage, aussi. Outre le partage de leur travail, aujourd’hui ce sont nos repas que nous partageons avec les ouvriers de la Ferme. Alors que Laurent et moi sautions bravement notre repas du midi une bonne partie des jours de la semaine, il est tout d’un coup paru évident que nous pouvions aussi manger avec les ouvriers de la ferme histoire de partager, de tisser des liens, de former une équipe quoi ! Sur cette bonne idée de Simon et Lénaïc donc, nous avons commencé tous les trois à ramener du riz pour le midi et a partager ainsi un vrai repas malgache avec Neivo, Tina et leur petit garçon. Déjà des moments bien sympas et d’autres encore bien plus beaux en perspective.

 

Voila quoi, la vie est belle ! Entre le bonheur de voir la manière dont évoluent les projets dans l’association, l’implication des paysans tant à la ferme qu’au village, la perspective de tout ce que vont apporter Simon et Lénaïc et de l’autre une vie a la maison ponctuée de rigolade autour d’un bon apéritif THB-pistache, de poker endiablés et de plaisirs tout simples ! On profite !

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Par Lucile
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Comprendre

  • lu-a-madagascar
  • : Huit mois dans un autre pays, une autre culture, une toute autre réalité. Aider comme on peut, avec nos faibles moyen, contribuer au développement d'un village, de beaux projets... N'hésitez pas à me contacter à lucile.duchamp@sciences-po.org si vous avez des questions sur l'asso ou sur autre chose!

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Faire connaitre

Y penser...

"S’en prendre aux élèves et étudiants car ils portent des sacs de couleur « vert militaire », confisquer ces sacs sur les étalages des marchands, a-t-on jamais vu actes aussi ridicules ?

Ce sont, paraît-il, les ordres et se cachant sous la loi qui exige que nul ne peut plus porter des effets vestimentaires analogues à ceux des forces armées, nos forces de l’ordre, qualifié de « baïonnettes intelligentes » soit dit en passant, s’en prennent à cœur joie pour tout confisquer : effets vestimentaires, tissus, sacs ou autres casquettes." 

extrait de l'Editorial du 26/11 du Madagascar Tribune

... Juste ce dont Madagascar a besoin, non mais des fois, j'vous jure ...

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