Lundi 24 mars 2008

Toucher le fond pour remonter à la surface… c’est parfois nécessaire et Dieu sait combien de fois j’ai plongé pour remonter au cours de ces six derniers mois. On ne les compte plus mais chacune d’entre elles aura été nécessaire et à chaque fois le soutien de chacun en France comme ici aura été essentiel. Me revoilà donc, à nouveau prête à escalader les murs, sauter les obstacles et gravir les montagnes : remontée à bloc.

 

On avance… bien, même. C’est assez incroyable de voir l’énergie que nous arrivons à déployer SL270661.JPG tous les trois pour aller de l’avant et construire. Construire quelque chose de bien, d’efficace ; un projet qui réussira. Nous avons trouvé des collaborateurs exceptionnels à Madagascar, de ces gens exceptionnels sur qui nous pourrons compter une fois rentrés en France. Michou, Marco et Laurent ; un responsable des projets, un trésorier, et un technicien agricole.  Une équipe du tonnerre ! En voilà trois qui ont envie de construire, d’avancer et qui, comme nous, y croient dur comme fer : de quoi nous motiver pour continuer dans la direction que nous avons prise !

Nos projets ? La mise en place d’un programme de microcrédit et de formation : le même principe que le projet mis en place dans le village à côté de la Ferme Z mais sur un autre lieu… On apprend de nos erreurs et, petit à petit, on avance sur un projet qui tient la route. Mardi, déjà, nous allons rencontrer les paysans pour leur exposer notre programme en détail avec tous ses tenants et aboutissants pour que chacun puisse décider de se lancer ou non dans l’aventure. Ensuite, dès vendredi, nous comptons commencer à constituer les dossiers. Les choses avancent !

Nos financements ? Pour l’instant ils sont bien maigres et limités du fait que nous ne pouvons pas créer notre propre compte bancaire pour recevoir des dons avant notre retour en France. En plus de cela, l’association française qui se chargera de trouver de financements (entre autre) n’est pas encore officiellement créée : la poste n’est pas des plus rapide entre Madagascar et la France ce qui ne fait que ralentir les démarches ! Une fois rentrés et remplacés sur le terrain à Madagascar, on espère donc pouvoir récolter assez de fonds pour voir le projet se développer. En attendant, c’est Simon et Lénaïc qui investissent les économies qu’ils ont faites sur leur loyer en allant vivre dans notre nouvelle maison (dont le loyer est bien moins cher). Budget de départ : 700 000 ariary, soit environ 280€. Une petite somme tout de même !

Voilà où on en est. L’air de rien, on a déjà parcouru un bon petit bout de chemin. On passe aussi pas mal de temps à chercher de nouveaux stagiaires et bénévoles pour venir nous remplacer cet été puis l’année prochaine. C’est assez urgent alors on démarche toutes les écoles et on passe des annonces sur des portails de bénévolat et volontariat international… on espère trouver rapidement parce que… comment dire… CA URGE !!!!! J

 

Côté ZODEV… on y voit un peu plus clair et, surtout, on a trouvé le soutien espéré du côté de la structure française qui n’avait absolument aucune idée de ce qui se passait ici avec Paul. Là bas, ils sont tous abasourdis et prêts à agir. On va se bouger pour que Paul soit sanctionné et, surtout, pour qu’il ne continue plus à avoir un tel comportement et à ‘piquer dans les caisses’. Eva parle de fermer la structure… dans ce cas là, j’espère pouvoir récupérer mon programme de microcrédit au sein de la nouvelle association… On croise les doigts et on négocie mais ça a l’air de partir dans le bon sens pour le moment. Courage !

 

Voila donc les nouvelles du front, les choses vont mieux et on se bouge pour que ça réussisse ! Pourvu que ça dure !!!!

 

Par Lucile
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Jeudi 13 mars 2008

Ferme-Z-2008-02-08-20.JPG Période difficile… Accepter le fait qu’on ne peut pas tout, que, à un moment ou à un autre, certains obstacles sont trop hauts. Me voila donc au pied du mur, un mur qui semble infranchissable… Une situation difficile parce que j’ai d’un côté une foule de personnes qui m’incitent à l’escalader et de l’autre des gens qui m’appellent pour prendre un nouveau départ, emprunter un autre chemin… Un choix difficile…

 

Paul a détourné de l’argent, je décide de quitter ZODEV pour ne pas cautionner un tel comportement. Lui, affirme qu’il n’a pas détourné cet argent mais seulement ‘retardé son utilisation’, moi, je vois que son comportement nuit au développement des programmes de ZODEV… Partir, donc, pour continuer sur de meilleures bases. Oui mais voila, le fait est que, aujourd’hui, je n’ai aucun droit sur les BIZ, sur l’ensemble du programme mis en place, sur les contrats signés avec les paysa SL270381.JPG ns… pourtant… portant depuis 6 mois, je suis la seule responsable de ce programme, je suis celle qui l’a monté à partir de zéro, celle qui fait référence, celle en qui les paysans ont confiance. Les pourtant ne changent rien… en quittant ZODEV, je quitte les BIZ et je les confie à quelqu’un dont je doute de la capacité à pouvoir s’en occuper. Comment Paul, qui n’a quasiment pas mis les pieds à la Ferme depuis 6 mois ni même rencontré les paysans, pourraient gérer un programme dont il ne connait quasiment rien ? Comment ? Je doute, je doute, je doute.

 

Mais plus que de douter, je me sens responsable… Responsable de l’échec de ce programme car en quittant ZODEV, je signe son arrêt de mort. Ce n’est pas tant une question d’échec personnel qui me dérange, non, c’est avant tout le fait de briser un lien de confiance que j’ai mis tant de temps à construire. J’avais promis. J’avais promis de ne pas laisser tomber, j’avais promis que ce programme tiendrait jusqu’au bout, j’avais promis que ce n’était pas une arnaque, j’avais promis qu’ils pouvaient nous faire confiance. Et ils m’ont cru. Pourtant voila, aujourd’hui ressemble au début de la fin. Ma seule tentative pour les sauver consiste à donner tous les éléments dont Paul aura besoin pour continuer ce programme mais une fois de plus… je doute, je doute, je doute.

 

SL270382.JPG Tout ce que je vois aujourd’hui, c’est que je laisse des gens en plan… des gens qui comptaient sur moi… je les abandonne sur le côté de la route pendant que moi je prends un autre chemin leur laissant en héritage les conséquences de mes échecs… Ca, je le vois, j’en ai conscience et chaque jour quelqu’un est là pour me le renvoyer dans la tête « mais tu as encore les moyens d’agir », « mais tu n’as pas officiellement quitté ZODEV », « Tu es plus efficace à l’intérieur qu’à l’extérieur », « tu as les moyens de faire partir Paul »… Je sais que tout cela n’est pas dit méchamment, au contraire, mais cette fois, je ne m’en sens pas capable. Cette fois, j’assume le fait que je ne suis pas à la hauteur et c’est quelque chose qui me bouffe… Devoir abandonner, accepter le fait de ne pas être capable, savoir que je vais décevoir ceux que je cherchais à rendre fiers… c’est dur, ça me bouffe ! Je ne sais plus quoi faire, je me sens impuissante…

 

Tiraillée entre l’envie de prendre un nouveau départ et celle de faire le ménage dans ZODEV. Oui mais voila, d’un côté j’ai un projet avec un directeur, une équipe avec laquelle travailler, et des bases saines de l’autre un directeur à virer, un remplaçant à trouver et toute une structure à réorganiser… D’un côté je sacrifie un programme et la confiance que les gens m’avaient faite, de l’autre je sauve ce lien et l’image des organismes de développement. D’un côté je me lance dans quelque chose dans lequel je crois, de l’autre je tente une opération sauvetage dont je doute des chances de réussite…

 

Est-ce que je suis en train d’abandonner ?

SL270412.JPG  

Images : Participantes à notre programme  de  BIZ ; parmi elle, certaines ont une motivation à toute épreuve !

Par Lucile - Publié dans : ma mission! - Communauté : Humanitaire et voyage
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  • : Huit mois dans un autre pays, une autre culture, une toute autre réalité. Aider comme on peut, avec nos faibles moyen, contribuer au développement d'un village, de beaux projets... N'hésitez pas à me contacter à lucile.duchamp@sciences-po.org si vous avez des questions sur l'asso ou sur autre chose!

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Y penser...

"S’en prendre aux élèves et étudiants car ils portent des sacs de couleur « vert militaire », confisquer ces sacs sur les étalages des marchands, a-t-on jamais vu actes aussi ridicules ?

Ce sont, paraît-il, les ordres et se cachant sous la loi qui exige que nul ne peut plus porter des effets vestimentaires analogues à ceux des forces armées, nos forces de l’ordre, qualifié de « baïonnettes intelligentes » soit dit en passant, s’en prennent à cœur joie pour tout confisquer : effets vestimentaires, tissus, sacs ou autres casquettes." 

extrait de l'Editorial du 26/11 du Madagascar Tribune

... Juste ce dont Madagascar a besoin, non mais des fois, j'vous jure ...

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