Lundi 3 septembre 2007
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Me voila arrivée, enfin. J’y suis, Madagascar, Antsirabe, un choc… Mes beaux idéaux confrontés à la réalité et combattant de toutes leurs forces pour rester là, bien présents, oui, on est là pour essayer de changer les choses petit à petit, pas à pas. Oui, on parle de pauvreté, des gens qui meurent de faim en Afrique mais quand on voit la réalité de ses yeux, de ses yeux occidentaux, tout est différent ! Ca saute aux yeux.
Arrivée à Tananarive jeudi après un départ quelque peu douloureux réalisant que je m’éloignais pour huit longs mois, j’ai eu subitement l’impression de m’être transformée en billet de banque sur pattes. Sortie à peine de l’avion, je passe la douane, récupère mes valises et me retrouve au milieu d’une foule de bagagistes et chauffeurs de taxi me proposant gentiment mais de manière très expresse leurs services. Voila donc mes valises prises en charge et moi, menée vers un guichet de change (qui a mon avis ne proposait pas les meilleurs taux vu que j’étais quasi seule à ce guichet là !) puis embarquée dans un taxi d’un autre temps a la banquette explosée, sans ceinture de sécurité, tous les compteurs (essence, vitesse…) hors de service… Prix au final (après négociation de ma part tout de même !) 35000 ariary, 15€, c’est sur je me suis fait bernée ! Mais bon, à quoi bon, il faut faire des erreurs, j’étais pommée, toute nouvelle arrivée… J
Arrivée à l’hôtel sans problème, confortable et propre, tout va bien. Mais dès ma première sortie dans les rues de Tananarive, je suis poursuivie à tout instant par des petites filles de 8 ou 9 ans portant de bébés et cherchant à te faire culpabiliser pour que tu leur cèdes quelques ariarys, ou encore de malgaches de tout âge voulant te vendre cartes postales, instruments de musique et autres livres miracle pour t’apprendre le malgache en une semaine seulement ! Je me sens blanche, vazaha comme ils disent ici. J’ai l’impression que tout le monde me reluque et voit en moi une possibilité de se faire de l’argent, tout le monde me voit comme différente, comme la représentante de ce monde lointain, riche qui vient voir comment c’est ici. Dur…
Le lendemain, Paul, le responsable de Zodev, vient me retrouver à l’hotel pour me ramener à Antsirabe. Après avoir effectué avec lui quelques courses qui lui restaient à faire, nous voila embarqués pour Antsirabe dans sa C15 ou figure en rouge et jaune ‘Label Z’ la marque qu’il a lancé qui se veut comme objectif de vendre des produits malgaches de qualité pour démontrer qu’il est inutile de tout importer. Ce message sur l’aile, nous voila partis pour Antsirabe, enfin, semblait-il. Voila ti pas que notre amie la C15 décide de tomber en panne sur la route : madame se met a chauffer et le moteur est plein d’huile. Résultat, retour dans la capitale pour une nuit de plus chez un ami à Paul avec qui il essaie de monter une marque de produits surgelés. Sympa et bon cuisinier, c’est l’occasion pour moi de gouter pour la première fois au zébu, me voila pas déçue ! J
Le jour d’après nous pouvons vraiment partir et après trois heures de routes nous arrivons a Antsirabe sur le coup de midi, temps idéal pour aller se poser à l’Arche, point de chute des vazahas de la ville ; une adresse à connaitre ! Cependant, même si Antsirabe semble un peu plus calme, la pauvreté est toujours au rendez vous avec les jeunes aux colliers et les gens qui nous regardent avec de grands yeux. Je n’ai pas trop le temps de trainer, je suis Paul dans les quelques bricoles qu’il a à faire puis je rentre à la maison, au ZO comme on dit au sein de l’asso, où, comme Paul me l’avait dit, personne ne m’attend. Je suis la seule stagiaire en ce moment, et apparemment, personne en figure au calendrier… Tant pis, on fera avec. Heureusement, Manampi est là ! C’est le gardien de la maison et dès le premier soir il se révèle plutôt bavard et désireux de parler français pour s’améliorer. Moi en contrepartie, j’apprends quelques mots de malgache, à mon plus grand plaisir ! Mieux que ça encore, Manampi me propose de m’accompagner dans la ville pour me faire visiter. Et nous voila, un jour plus tard, arpentant la ville, de la gare à l’hôtel des Thermes en passant par la cathédrale et autres quartiers plus reculés mais ayant tout autant leur charme. On entend par ci par la « vazahas, hey vazahas » mais rien de méchant, les enfants s’amusent quand je me retourne, souris ou fait un geste de la main, parfois même répondent. Je lance un petit ‘Salama’ (ça va ?) par ci par la quand je croise le regard de certaines personnes et Manampi s’amuse pas mal de me vois m’essayer au malgache ! J L’après midi, nous allons au stade, Antsirabe joue contre Tulear aujourd’hui ! 1000 ariary (0.4€) l’entrée, rien pour nous, beaucoup pour un malgache dont le salaire est de 50000 ariary par mois : c’est donc moi qui ait payé la place Manampi pour le remercier de sa présence et de son petit tour du matin ; il n’avait de toute manière pas prévu de quoi rentrer. Antsirabe a fini par gagner 3 à 1 grâce à un penalty et 2 magnifiques buts sur la fin du match. Il fallait voir enfants et adultes courant dans tous les sens quand le ballon est venu s’écraser dans le filet, c’était incroyable, élan de joie, cris, bonheur : Antsirabe avait gagné !
Malgré le cœur d’or de Manampy, je me sens tout de même bien seule dans cette grande maison, dans cette ville qui reste peu connue malgré mes diverses visites. Il me manque quelqu’un avec qui parler de tout et de rien, avec qui partager mes premières expériences, quelqu’un qui puisse comprendre ce que c’est d’être loin de chez soi dans un pays si différent. Mais bon, il faut du temps au temps, je ne suis là que depuis quelques temps et les rencontres se feront au fil du temps. De toute manière, je vais bientôt pouvoir aller à la rencontre d’autres malgaches quand j’aurais enfin mis les mains dans le tas et commencé réellement mon stage.
 
Veloma ! (à prononcer veloum)
Par Lucile - Publié dans : quotidien
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Jeudi 9 août 2007

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Et voila, après avoir tant attendu, l'heure du départ arrive à grand pas, dans quelques semaines, me voila partie pour Madagascar, quatrième plus grande île du monde (un peu de culture ne nous fera pas de mal, que diable! :-) ). Une grande aventure s'annonce: la découverte d'un nouveau pays, d'une nouvelle culture et tous les efforts à fournir pour s'insérer et se faire accepter... Tellement excitant et, en même temps, tellement effrayant... Heureusement, super Lulu saura relever ce nouveau défi (Espérons le!)

En attendant la course aux préparatifs est enclanchée! Passeport, visa, vaccin, préparations des bagages... il va falloir faire le tri, c'est indéniable, ma chambre toute entière ne pourra pas rentrer dans deux sacs de voyages... Margueritte, je suis désolée, tu ne fera pas partie du voyage! :-) A quoi bon, il faut bien faire quelques sacrifices et laisser un peu de place pour pouvoir ramener pleins de souvenirs, même si, j'imagine bien, les meilleurs seront dans la tête et non dans mon sac!

Madagscar, me voila! Je vais pouvoir participer à mon tour, peser de tout mon poids, aussi faible soit il, sur le levier du développement. Je ne prétend pas sauver le monde, mais juste y mettre mon grain de sel, aider! Avec Zodev (www.zodev.org) , je suis chargée de mettre en place un réseau de producteur dans une optique de commerce équitable afin de les aider à écouler leurs produits et leur permettre ainsi de vivre pleinement de leur activité. Tout un programme!

Par Lucile
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Comprendre

  • lu-a-madagascar
  • : Huit mois dans un autre pays, une autre culture, une toute autre réalité. Aider comme on peut, avec nos faibles moyen, contribuer au développement d'un village, de beaux projets... N'hésitez pas à me contacter à lucile.duchamp@sciences-po.org si vous avez des questions sur l'asso ou sur autre chose!

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Faire connaitre

Y penser...

"S’en prendre aux élèves et étudiants car ils portent des sacs de couleur « vert militaire », confisquer ces sacs sur les étalages des marchands, a-t-on jamais vu actes aussi ridicules ?

Ce sont, paraît-il, les ordres et se cachant sous la loi qui exige que nul ne peut plus porter des effets vestimentaires analogues à ceux des forces armées, nos forces de l’ordre, qualifié de « baïonnettes intelligentes » soit dit en passant, s’en prennent à cœur joie pour tout confisquer : effets vestimentaires, tissus, sacs ou autres casquettes." 

extrait de l'Editorial du 26/11 du Madagascar Tribune

... Juste ce dont Madagascar a besoin, non mais des fois, j'vous jure ...

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