Lundi 21 avril 2008
Mitsinjo. Prévoir pour l’avenir, le préparer, s’assurer de meilleurs lendemains. Mitsinjo, c’est le nom de l’association de producteurs en train de se constituer dans notre village cible. Vingt candidats qui sont en train de s’organiser et qui ont un sens de l’initiative impressionnant. C’est une toute autre mentalité que celle des paysans d’Amparihimena que je découvre ici : le fait d’avoir fait une sélection et imposé l’idée de l’association dès le départ aura été tout bénéfique. Les candidats se savent chanceux d’être là et d’avoir été sélectionné, ils sentent les responsabilités qui pèsent sur leurs épaules et décuplent leurs efforts pour se montrer à la hauteur ; chacun est réactif et fait tout pour que les choses soient vite et bien faites. Impressionnant.

 

La semaine dernière, nous avons commencé la mise en place

de leur association. Nous faisons notre maximum pour ne pas tout apporter sur un plateau d’argent et inviter nos candidats à prendre des initiatives et des décisions : à s’organiser par eux-même. Nous avons donc présenté notre idée : une association qui servirait d’intermédiaire entre eux et nous, qui serait chargée de la distribution des produits que nous fournissons pour la mise en place de leurs projets et, enfin, qui servirait de réseau de producteurs pour écouler les produits sur le marché. Pour faciliter la communication, nous avons proposé de couper l’association en six groupes de trois à cinq personnes responsables collectivement pour la réussite de l’ensemble des projets de son groupe. En fin de réunion, une fois cela proposé, les candidats se sont spontanément rassemblés en groupes et le lundi suivant, jour de la seconde réunion, chacun de ces groupes avait nommé un responsable à sa tête : un grand pas en avant, déjà. Puis, est venu le temps de la désignation du bureau et c’est à nouveau moi qui ait tenu le rôle d’urne vivante ; nous avons donc aujourd’hui des chefs de groupe et un bureau : il ne nous reste plus qu’à officialiser ça après des autorités malgaches ; Mitsinjo sera alors officiellement née et nous pourrons démarrer nos premiers projets. Ca avance, ça avance !

 

De notre côté, on a aussi mis la main à la pâte pour que le maximum de choses soit fignolées avant de devoir passer le relais aux prochains stagiaires qui arrivent début mai. Et oui, le temps passe vite, plus que trois jours et je me serais envolée vers d’autres horizons… heureusement, Lénaïc et Simon sont là jusqu’au 9 mai : de quoi faire encore pas mal de choses ! Donc nous bossons durs sur le système de suivi des projets et la mise en place du réseau de producteurs. Simon est devenu un pro d’Excel et est en train de mettre en place un programme qui sera tout simple à remplir pour calculer remboursement et taux d’intérêt en deux temps trois mouvements. D’un autre côté, nous commençons à démarcher les restos de la ville pour trouver des débouchés aux – futurs – produits de nos paysans… Les choses avancent plutôt bien : après un premier contact, nous mettons en place une grille de prix pour pouvoir donner une idée des prix que nous proposons à nos futurs clients. Bref, petit à petit le PIAF fait son nid ! (PIAF = Projet d’Investissement Agricole et Formateurs, c’est le nom de notre programme)

Par Lucile
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Lundi 7 avril 2008

Manampy-Adanise, ça y est, c’est parti, ça démarre. Nous avons mis du temps à retomber sur nos pattes mais cette fois ça y est on a remis les pieds sur la piste et on a même déjà quitté les starting-blocks !

 

Mardi, donc, on rencontrait les paysans pour leur présenter notre programme et dès vendredi ont parcourait la campagne malgache pour aller à la rencontre des candidats et constituer des dossiers avec chacun d’entre eux. Bien sur, je me revois quelques mois en arrière à Amparihimena mais à y regarder à deux fois, tout est différent. Je ressens tout le changement qui s’est opéré en cinq ou six mois ; les progrès en malgache, le sentiment de savoir où on va, la conscience des pièges à éviter… J’ai l’occasion d’apprendre de mes erreurs, de redémarrer quelque chose en m’appuyant sur une première expérience ; une seconde chance qui s’offre à moi. En tout, une soixantaine de personnes à visiter… et ce vendredi, mission accomplie : nous les avons tous vu tous, nous avons discuté avec eux de leurs projets, de leurs envies et maintenant, le moment terrible de la sélection est arrivé… aïe, aïe, aïe !

 

Oui, cette fois, nous adoptons une démarche un peu différente de celle que nous avions avec ZODEV. Au lieu de regrouper tous les candidats ayant reçu un financement en association, nous avons décidé de sélectionner parmi la soixantaine de candidats les vingt plus motivés et de les aider à s’organiser en association. L’idée est d’avoir un groupe de paysans soudés, ayant conscience d’un destin commun et pouvant se pousser les uns les autres vers la réussite. Nous voulons créer une conscience de groupe, un esprit de solidarité, une association active qui ait une part importante dans le déroulement du programme rendant ainsi les candidats acteurs de leur destin. C’est un grand défi mais c’est aussi un élément qui favorisera la réussite de ce projet ; ne dit-on pas que l’union fait la force ?

 

Voila donc où nous en sommes. Nous avons bien avancé dans la sélection et nous sommes assez contents des candidats restants. Il nous reste maintenant à les aider à se monter en association et à leur faire prendre conscience de l’importance de cette dernière. Encore beaucoup de travail mais l’image de la réussite de ce beau projet se fait de plus en plus nette ! J

Par Lucile - Publié dans : ma mission!
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  • : Huit mois dans un autre pays, une autre culture, une toute autre réalité. Aider comme on peut, avec nos faibles moyen, contribuer au développement d'un village, de beaux projets... N'hésitez pas à me contacter à lucile.duchamp@sciences-po.org si vous avez des questions sur l'asso ou sur autre chose!

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Faire connaitre

Y penser...

"S’en prendre aux élèves et étudiants car ils portent des sacs de couleur « vert militaire », confisquer ces sacs sur les étalages des marchands, a-t-on jamais vu actes aussi ridicules ?

Ce sont, paraît-il, les ordres et se cachant sous la loi qui exige que nul ne peut plus porter des effets vestimentaires analogues à ceux des forces armées, nos forces de l’ordre, qualifié de « baïonnettes intelligentes » soit dit en passant, s’en prennent à cœur joie pour tout confisquer : effets vestimentaires, tissus, sacs ou autres casquettes." 

extrait de l'Editorial du 26/11 du Madagascar Tribune

... Juste ce dont Madagascar a besoin, non mais des fois, j'vous jure ...

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