Lundi 26 novembre 2007

Pas toujours facile d’être loin… Pas toujours facile d’être seule… Pas toujours facile de faire face aux obstacles…

 

Il y a les moments de la découverte, où l’on trouve que tout est magnifique et où l’on ne voit que le bon côté des choses, les sourires que nous offrent les gens, les paroles gentilles qu’ils nous disent, les quelques moments de complicité partagés. Ces moments où on est actif, où on a l’impression de découvrir le pays, vraiment, de l’intérieur et, surtout, l’impression de compter, d’être utile. Ces moments où la curiosité est en éveil, où on a envie de dévorer tout ce qui passe, d’apprendre encore et toujours sur les petits riens qui font toute la différence d’une culture à une autre.

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Puis, un jour, vient le moment de la nostalgie, où l’on trouve que tout est noir et où l’on ne voit que le mauvais côté des choses, les mains qui se tendent sur notre passage, les gens qui demandent de l’argent et les relations intéressées. Dans ces moments là, on n’a plus envie de découvrir, on se ferme et on se sent surtout incroyablement seul face à un monde qui semble tout d’un coup si loin alors qu’il était si proche quelques jours plus tôt. Ce sont des moments où l’on a envie de rien, où tout semble aller contre nous et où l’on ne fait rien pour que la tendance s’inverse. Seul contre tous.

 

Le temps s’ést arrêté. Les dossiers constitués et l’argent en cours de transfert ; plus de raison d’aller au village ou à la Ferme. Travail administratif. Seule… Trop de temps pour penser pas assez d’opportunités d’agir… frustration. Frustration de se retrouver seule dans une maison aseptisée après avoir eu l’impression, pendant 3 mois, de faire partie de ce pays et d’être utile à ses habitants chaque jour un peu plus… L’impression d’avoir été poussée du haut de la falaise que je venais d’escalader : à nouveau étrangère, à nouveau inutile… Mal être.

 

Besoin de se reprendre en main, de se redonner l’envie de découvrir. La volonté d’aller de l’avant reprend le dessus chaque jour un peu plus. Considérons cela comme une parenthèse, ou bien comme le recul dont j’avais besoin pour pouvoir mieux sauter. Me remotiver, moi, pour pouvoir remotiver les autres ; Laurent, les candidats… si j’abandonne la partie, si je décide de ne plus y croire, si je ne porte plus l’espoir alors c’est eux que j’abandonne avec leur énergie, leurs espoirs à eux, leur envie d’y croire.

 

On attend des choses de moi, et je ne peux pas – et ne veux pas - me permettre de décevoir des espoirs qu’on a fait naitre et qui sont encore si fragiles.

Mais j’ai aussi des exigences envers moi-même ; je n’accepterais pas de me voir utiliser l’excuse facile qui consiste à dire que tout le monde est contre moi. Je ne veux plus – et ne peux plus – attendre tout des autres, il me faut prendre le zébu par les cornes et aller de l’avant en emmenant les autres avec moi.

 

Ce qu’il me faut, c’est du courage !

 

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‘Ecrire (…)  C’est délier sa peur !’

Louise Portal

 

Merci à vous de me pousser vers le clavier, c’est  libérateur.

Par Lucile
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Mercredi 21 novembre 2007
Il y a un mois de cela, nous recevions notre première promesse de don. Il y a un mois de cela, on entrevoyait la concrétisation de nos projets. Il y a un mois de cela, des gens ont cru en nous. Aujourd’hui, ça y est, enfin, il est là, l’argent, les sous, les dons : 680€ sont arrivés sur le compte bancaire de l’association de quoi financer complètement 5 dossiers, 2 ou 3 autres étant encore en attente (dont celui de Laurent qui représente une certaine somme dans l’intégralité de l’argent reçu). Cette fois on y est, au pied du mur avec tout le matériel nécessaire pour réussir notre ascension et, surtout, avec notre motivation à son niveau maximum. C’est là que tout commence.

 

Me voila donc repartie de plus belle… Rester au ZO à faire du travail administratif après avoir gouté à l’expérience du terrain commençait à devenir insoutenable. Attendre… attendre sans vraiment savoir jusqu’à quand… attendre sans véritable objectif… absence de concret et porte ouverte à une pointe de désespoir, un soupçon de « je n’y arriverais jamais ». Fort heureusement, tout vient à point à qui sait attendre et me voila remontée à bloc. Le retour sur le terrain est prévu pour samedi : nous irons annoncer aux personnes parrainées que leur projet a été financé et leur donner rendez vous à la ferme mardi ou mercredi pour une réunion  d’information. Le véritable point de départ...

 

En attendant, je m’active pour mettre au point les feuilles de suivi qui se sont transformées en véritable ‘cahier de comptes’, les contrats et tout ce que nous souhaitons leur dire pour leur permettre de rentrer le plus sereinement possible dans cette nouvelle étape de leur vie… Nouvelle étape, c’est peut être un peu gros mais c’est ma volonté, faire qu’ils saisissent cette opportunité qu’on leur offre pour que leur vie change, ne serait-ce qu’un peu. Ca parait énorme, mais aujourd’hui tout semble réalisable…

 

… un bol d’espoir.

Par Lucile
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Comprendre

  • lu-a-madagascar
  • : Huit mois dans un autre pays, une autre culture, une toute autre réalité. Aider comme on peut, avec nos faibles moyen, contribuer au développement d'un village, de beaux projets... N'hésitez pas à me contacter à lucile.duchamp@sciences-po.org si vous avez des questions sur l'asso ou sur autre chose!

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Faire connaitre

Y penser...

"S’en prendre aux élèves et étudiants car ils portent des sacs de couleur « vert militaire », confisquer ces sacs sur les étalages des marchands, a-t-on jamais vu actes aussi ridicules ?

Ce sont, paraît-il, les ordres et se cachant sous la loi qui exige que nul ne peut plus porter des effets vestimentaires analogues à ceux des forces armées, nos forces de l’ordre, qualifié de « baïonnettes intelligentes » soit dit en passant, s’en prennent à cœur joie pour tout confisquer : effets vestimentaires, tissus, sacs ou autres casquettes." 

extrait de l'Editorial du 26/11 du Madagascar Tribune

... Juste ce dont Madagascar a besoin, non mais des fois, j'vous jure ...

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