Pas toujours facile d’être loin… Pas toujours facile d’être seule… Pas toujours facile de faire face aux obstacles…
Il y a les moments de la découverte, où l’on trouve que tout est magnifique et où l’on ne voit que le bon côté des choses, les sourires que nous offrent les gens, les paroles gentilles qu’ils nous disent, les quelques moments de complicité partagés. Ces moments où on est actif, où on a l’impression de découvrir le pays, vraiment, de l’intérieur et, surtout, l’impression de compter, d’être utile. Ces moments où la curiosité est en éveil, où on a envie de dévorer tout ce qui passe, d’apprendre encore et toujours sur les petits riens qui font toute la différence d’une culture à une autre.
Puis, un jour, vient le moment de la nostalgie, où l’on trouve que tout est noir et où l’on ne voit que le mauvais côté des choses, les mains qui se tendent sur notre passage, les gens qui demandent de l’argent et les relations intéressées. Dans ces moments là, on n’a plus envie de découvrir, on se ferme et on se sent surtout incroyablement seul face à un monde qui semble tout d’un coup si loin alors qu’il était si proche quelques jours plus tôt. Ce sont des moments où l’on a envie de rien, où tout semble aller contre nous et où l’on ne fait rien pour que la tendance s’inverse. Seul contre tous.
Le temps s’ést arrêté. Les dossiers constitués et l’argent en cours de transfert ; plus de raison d’aller au village ou à la Ferme. Travail administratif. Seule… Trop de temps pour penser pas assez d’opportunités d’agir… frustration. Frustration de se retrouver seule dans une maison aseptisée après avoir eu l’impression, pendant 3 mois, de faire partie de ce pays et d’être utile à ses habitants chaque jour un peu plus… L’impression d’avoir été poussée du haut de la falaise que je venais d’escalader : à nouveau étrangère, à nouveau inutile… Mal être.
Besoin de se reprendre en main, de se redonner l’envie de découvrir. La volonté d’aller de l’avant reprend le dessus chaque jour un peu plus. Considérons cela comme une parenthèse, ou bien comme le recul dont j’avais besoin pour pouvoir mieux sauter. Me remotiver, moi, pour pouvoir remotiver les autres ; Laurent, les candidats… si j’abandonne la partie, si je décide de ne plus y croire, si je ne porte plus l’espoir alors c’est eux que j’abandonne avec leur énergie, leurs espoirs à eux, leur envie d’y croire.
On attend des choses de moi, et je ne peux pas – et ne veux pas - me permettre de décevoir des espoirs qu’on a fait naitre et qui sont encore si fragiles.
Mais j’ai aussi des exigences envers moi-même ; je n’accepterais pas de me voir utiliser l’excuse facile qui consiste à dire que tout le monde est contre moi. Je ne veux plus – et ne peux plus – attendre tout des autres, il me faut prendre le zébu par les cornes et aller de l’avant en emmenant les autres avec moi.
Ce qu’il me faut, c’est du courage !
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‘Ecrire (…) C’est délier sa peur !’
Louise Portal
Merci à vous de me pousser vers le clavier, c’est libérateur.